SCOR MAGAZINE N°6: Entre lumières et ombres d’un continent en quête de vérité

Bien que perieux le chemin, l’Afrique avance progressivement vers une souverainete fascinante. Entre éclats de lumière et zones d’ombre, les contrastes sont saisissants : là où la vision et le mérite triomphent, la complaisance et le mensonge continuent de miner les fondations.

Ethiopian Airlines illustre ce que le continent peut offrir de meilleur : rigueur, stratégie, preuve que le professionnalisme et la vision l’emportent sur le favoritisme et les arrangements douteux qui paralysent tant d’institutions du continent.

Pendant que l’exemple éthiopien inspire, le Sahel, lui, s’engage dans une voie audacieuse avec l’Alliance des États du Mali, du Burkina Faso et du Niger (AES), qui cherchent à reconquérir leur souveraineté. Ce pari panafricain, à la croisée de la fierté retrouvée et des menaces géopolitiques, fait preuve de volonté, de résistance et trace son chemin hors des tutelles traditionnelles. Un test grandeur nature d’un panafricanisme pragmatique avec  l’intelligence d’ouvrir et de construire.

Au Cameroun, l’élection présidentielle de 2025 porte déjà l’ombre d’un scénario écrit. Un peuple qui se ment à lui-même participe à l’illusion d’une démocratie verrouillée. Le cri inattendu de Brenda Biya a fissuré le silence, rappelant que la vérité surgit parfois là où on l’attend le moins, et qu’aucun régime n’est éternel.

Mais l’Afrique n’est pas que politique. Elle est aussi identité intime, exprimée dans le langage des cheveux : plus que des mèches, ils racontent l’âme, l’histoire et la résistance. Dans le sport enfin, les contrastes demeurent : Fred Siewe rêve d’offrir une Coupe du monde aux vétérans, comme pour prouver que la passion transcende l’âge et redonne au football sa vocation universelle. André Onana, lui, tente de renaître en Turquie après avoir été la cible des critiques en Europe, incarnation d’un talent africain ballotté entre triomphes et échecs. Et pendant ce temps, le football camerounais demeure prisonnier d’un mariage forcé entre la Fecafoot et l’État, une union qui, loin de servir le jeu, l’étouffe dans des logiques de pouvoir.

Ainsi va l’Afrique : brillante quand elle ose la vérité et la vision, fragile quand elle se complaît dans le mensonge et la résignation. Entre élans de fierté et renoncements collectifs, entre réussites éclatantes et blocages persistants, le continent reste suspendu à une question simple et terrible : saura-t-il enfin se regarder dans le miroir sans détourner le regard ?

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